33e dimanche du temps ordinaire-C
Et après le beau et le clinquant visibles… ?
Père Antoine TIDJANI, Bibliste
Le beau attire naturellement. Polarisé par le beau et le clinquant, on peut s’arrêter à contempler, hébété, oubliant que la vie est dans le mouvement. Le Temple de Jérusalem à l’époque de Jésus était l’unique au monde. Hérode qui a commencé sa construction en l’an 19 avant notre ère, a déployé de grands moyens pour en faire un édifice particulièrement resplendissant par son or, ses tentures, ses boiseries qui ne peuvent laisser indifférent aucun pèlerin. À sa vue, les foules émerveillées se répétaient, enthousiastes : « Celui qui n’a pas vu Jérusalem dans sa splendeur, celui-là n’a jamais vu la joie. Celui qui n’a jamais vu le Sanctuaire, celui-là n’a jamais vu une ville vraiment belle ». Les disciples de Jésus ne sont pas du reste qui ne manifeste pas ouvertement l’admiration. Derrière l’attitude des disciples qui admirent la beauté des pierres, c’est tous les hommes qui sont dépeints dans leur attachement à tout ce qui est attrayant. Mais, étant donné que de tout ce qui est beau, rien ne restera sur terre, l’homme doit rechercher dans sa vie, Celui qui est au-delà de la beauté artificielle et qui donne sens aux choses et aux êtres. En marche vers le Beau inaltérable L’évangile du jour est du genre apocalyptique. Il dépeint un monde, celui des fins dernières, marqué par des cataclysmes, des guerres et soulèvements de toutes sortes. Cela peut susciter l’agitation et la peur. Mais ce genre suggère surtout l’espérance. Dieu le Maître de l’histoire et du temps se révèlera après les tourbillons. Il est là au cœur du monde malgré les vagues tumultueuses qui amènent à s’interroger sur son existence. Il est donc indispensable de garder présent en mémoire que tout en ce monde va vers sa ruine. Ce qui est neuf et beau sera usé par le temps ; il vieillira et perdra l’éclat de sa beauté première. Il faut donc être vigilant, car l’attrait vers le beau, a perdu des âmes qui se sont noyées dans une vie de désordres. Saint Paul fustige la paresse chez ceux parmi les Thessaloniciens qui aiment mener une belle vie mais n’aiment pas travailler. Cela peut arriver et peut faire tomber certains dans la léthargie quand, en fixant les yeux sur la figure du monde qui passe, ils pensent que cela ne vaut pas la peine de travailler si tout, en un rien de temps, s’écroulera comme un château de cartes un jour. Le même style de vie dans le contexte actuel se fait voir à travers l’arnaque qui, aujourd’hui, est devenue pour la jeunesse le moyen tranquille pour gagner malhonnêtement sa vie en s’offrant les belles choses de la terre sans le moindre effort. Si le travail libère de l’oisiveté qui est la mère de tous les vices, il est aussi le seul moyen par lequel l’honnête homme apporte à la société, dans un élan d’inscription dans les ornières de la justice sociale, sa quote-part dans la cagnotte commune qui entretient la communauté des hommes. Malachie, en parlant du Jour du Seigneur, vient nous réveiller en nous tirant d’une vie tranquille sans but, et attire notre attention sur la justice divine. La vie ici-bas n’est pas le lieu de tous les désordres où l’on peut tirer impunément profit des autres. Au Jour du Seigneur, la punition sera très sévère pour les malfaisants. Ce Jour brûlant comme un four viendra et embrasera les arrogants et les malfaisants qui se révèleront comme une paille ; ils n’auront plus ni racine ni rameau ; tandis que ceux qui craignent Dieu seront récompensés. Pour eux, brillera le soleil de justice, avec la guérison dans ses rayons. Dans ma vie Quand tout semble tourbillonner dans le monde, mes yeux de la foi perçoivent-ils Dieu qui conduit l’univers vers l’aurore prometteuse d’un avenir où il n’y a que joie ? À méditer La vie ici-bas n’est pas le lieu de tous les désordres où l’on peut tirer impunément profit des autres.