ELECTION PRESIDENTIELLE D’AVRIL 2026
Deux duos en un, le grand boulevard pour Romuald Wadagni
Depuis la nuit du lundi 27 octobre 2025, les choses se précisent pour la présidentielle d’avril 2026. La Cour constitutionnelle valide les deux duos qui seront dans les starting-blocks le 12 avril 2026. Le duo conduit par Paul Hounkpè de la Fcbé n’aurait jamais été qualifié sans l’appui des partis soutenant Romuald Wadagni qui lui ont filé une trentaine de parrains. Du coup, le tapis rouge est dressé devant ce dernier pour être le 5e président de la République sous l’ère du Renouveau démocratique au Bénin.
Avec la mise à l'écart du duo du parti "Les Démocrates", le boulevard s'ouvre pour l'élection de Romuald Wadagni au fauteuil de président de la République du Bénin en avril 2026
► Les populations s’étonnent face au spectacle
Alain SESSOUSur la terrasse d’un café au quartier Cadjèhoun, Félicien, la trentaine, en service à l’aéroport de Cotonou, ne se fait plus d’illusion au lendemain du verdict de la Cour constitutionnelle. « Le pouvoir vient d’être offert sur un plateau d’or à l’actuel ministre d’Etat en charge des Finances, de l’Economie et de la Coopération, Romuald Wadagni », lance-t-il à son ami assis à la même table et qui vient de vider sa tasse de thé. Celui-ci hausse les épaules comme pour marquer son indifférence par rapport au processus qui a fini par écarter du prochain scrutin présidentiel, le duo Agbodjo-Lodjou du principal parti de l’opposition, Les Démocrates. Dans une agence de Loto au quartier Aïtchédji dans la Commune d’Abomey-Calavi, François Dégbègni déplore la situation. « Je ne suis pas militant du parti de l’ancien président Thomas Boni Yayi. Mais j’aurais souhaité qu’il soit repêché. On avait laissé croire que ce serait le cas après la rencontre à huis clos entre lui et le président Talon quelques jours plus tôt. Un espoir qui s’est rapidement évanoui ». Un avis que ne partage pas Eléonore H. Waningnon, étudiante en géographie à l’Universté d’Abomey-Calavi. « Dans un pays démocratique comme le Bénin, on doit respecter les textes : la Constitution et le Code électoral. La Haute Juridiction en matière constitutionnelle dont les décisions s’imposent à tout le monde a dit le droit, plus de polémique », déclare Eléonore avec un léger sourire qui traduit son soulagement. ‘’Les Démocrates’’ jette l’éponge Le 28 octobre, Renaud Agbodjo, candidat désigné par le parti Les Démocrates, a pris acte de la décision de la Cour constitutionnelle ; il jette l’éponge et félicite les qualités du candidat Romuald Wadagni. Certains députés de son parti conduits par Patrick Djivoh posent le même acte lors d’une conférence de presse à Cotonou le même jour. Ils demandent de poursuivre le processus électoral. Au regard du spectacle, Basile Massénon, directeur d’école à Gogounou, s’exclame : « La présence de ces deux duos est la préfiguration d’un match amical ». Marguerite Fanou, institutrice dans la Commune de Ouinhi, ne cache pas son amertume. « C’est dommage que les deux duos retenus soient ceux des partis ayant conclu des alliances », déclare-t-elle, comme pour déplorer un recul de la démocratie au Bénin. En revanche, pour Jonas Houalagbé, professeur de philosophie à Sori, ce tandem est vu comme un symbole de stabilité et de confiance pour consolider les acquis démocratiques du pays. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, la décision de la Cour constitutionnelle validant les deux duos publiée par la Céna est accueillie par certains avec satisfaction, et par d’autres comme une déception. Ce qui est normal au regard de la tension née de l’annulation du parrainage du député Michel Sodjinou qui a privé le parti Les Démocrates du nombre de parrains qu’il lui fallait (27 au lieu de 28) pour être qualifié pour la présidentielle de l’année prochaine. Un observateur attentif de la vie politique nationale qui a requis l’anonymat regrette la situation. « Il y a la loi, mais parfois il faut tenir compte du bon sens en politique », déclare-t-il avant d’ajouter qu’il s’agit en fait d’un duo et non deux. De quoi faire dire à Simplice Ahossi B., enseignant dans un collège privé, que le scrutin présidentiel du 12 avril 2026 est un rendez-vous pris pour un plébiscite en faveur de Romuald Wadagni. D’autant que pour lui, Paul Hounkpè est un poids plume qui n’offre aucune alternative face à la machine déployée par les soutiens du candidat de la mouvance présidentielle.